C’est pour la quatrième fois en deux ans que, ce mardi 23 mars 2021, les Israéliens voteront pour des législatives. Seule démocratie du Moyen-Orient, Israël a un système parlementaire hérité du modèle britannique, mais avec désignation à la proportionnelle des 120 députés de la Knesset. Dès qu’une liste franchit la barre des 3,25% de voix nationalement, elle reçoit un minimum de quatre sièges. Un tel système a enflé le nombre de formations représentées au Parlement, lesquelles pourraient être au moins treize (dont trois partis religieux). Et il a rendu les coalitions fragiles, prêtes à éclater au moindre désaccord – le dernier était sur le budget. Trouver une majorité parlementaire de 61 députés nécessitera beaucoup de gymnastique politique, de la part de Benjamin Netanyahou, chef du parti de droite Likoud et premier ministre depuis douze ans, ou de son principal challenger le centriste Yaïr Lapid.

Surmontant leur lassitude, les électeurs israéliens continuent à faire leur devoir électoral. La participation a dépassé les 71% lors du dernier scrutin. Près de 600000 arabes israéliens (les descendants des arabes de Palestine qui ne quittèrent pas leur domicile, ou qui n’en furent pas chassés, lors de la guerre de 1948) se sont rendus aux urnes, obtenant 15 sièges à la Knesset pour la Liste arabe unifiée d’Ayman Odeh. Mais la vivacité de cela n’est pas, de loin, le principal succès de l’Etat hébreu, qui fêtera, le 14 mai prochain, son 73ème anniversaire. En plus d’être un pays de libertés, Israël engrange les succès sanitaires, économiques, stratégiques et diplomatiques.

Dans la lutte contre la pandémie de Covid-19, Israël est champion du monde. Capable d’anticipation et d’organisation (à la différence de la France), cet Etat a réussi à ce jour à administrer plus de 110 doses de vaccin pour cent habitants. Le dimanche 7 mars 2021, les restaurants, bars, hôtels, salles de spectacles, stades, collèges ont rouvert leurs portes en Israël. La vaccination est ouverte à toutes les tranches d’âge. Pour les vaccinés, l’Etat a mis en place un « passeport vert » électronique, qui permet de pénétrer à l’intérieur d’une salle de sport ou d’un bar.

Economiquement, Israël est devenu la première puissance numérique du Moyen-Orient. La décennie passée a constitué une période de boom pour l’industrie technologique israélienne. Israël s’est transformé en terre promise pour les chercheurs et les entrepreneurs dans les domaines des semi-conducteurs et processeurs, les technologies automobiles, les médicaments, les appareils chirurgicaux et les applications de navigation. Le pays, qui consacre 5% de son PIB à la recherche et développement civile, compte près de 7000 start-ups actives, 200 fonds de capital-risque et 350 centres différents de R§D, créés par des multinationales. Une réussite due à l’optimisation des interactions entre les entreprises, les investisseurs, les universités, l’armée et l’administration.

L’excellente intégration à la société israélienne du million d’immigrants juifs russes venus dans les années 1980-2000 a contribué au remarquable essor de la science et de l’innovation. A 340 milliards de dollars, le PIB d’Israël, pays de 9 millions d’âmes, est désormais supérieur à celui de l’Egypte, pays de 100 millions d’habitants. Ses réserves de change actuelles dépassent les 180 milliards de dollars.

Stratégiquement, Israël a la meilleure industrie d’armements du Moyen-Orient. L’Etat juif est plus avancé que la France dans les domaines du cyber et des drones. Or la cyberguerre est devenue permanente et les drones ont donné la victoire à l’Azerbaïdjan dans sa guerre du Karabagh de l’automne 2020.

Bien que reposant essentiellement sur la conscription, Tsahal est la plus redoutable armée de la région. Elle a corrigé ses erreurs de l’été 2006, où elle s’était montrée incapable d’éradiquer le Hezbollah du Sud-Liban, dans une guerre qui avait duré 33 jours, et où 117 jeunes Israéliens avaient trouvé la mort. En Syrie, son aviation interdit aux milices pro-iraniennes de s’approcher de son territoire.

Diplomatiquement, Israël a établi des relations avec quatre nouveaux pays arabes (Emirats, Bahreïn, Maroc, Soudan). Il a réussi à consolider son alliance stratégique avec l’Amérique, tout en maintenant les meilleures relations avec la Russie. Il a désamorcé en Europe les campagnes BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) de la gauche pro-palestinienne.

Il reste à l’Etat juif, rêvé par Théodore Herzl, à régler son problème arabe. Par la création d’un Etat palestinien sur les territoires occupés de 1967, accompagnée de quelques échanges territoriaux. Le temps presse, car cette solution ne sera bientôt plus viable, en raison de la colonisation juive. C’est seulement quand les Israéliens auront fait la paix avec l’intégralité du monde arabe que le sionisme pourra vraiment fêter son succès.

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