L’un des fondements de la théorie politique de Renaud Girard est l’attention donnée à l’Histoire. Seule la compréhension du passé permet d’avoir une vision de long terme et de comprendre comment les situations actuelles se sont formées.

Ainsi, on ne peut pas comprendre la situation présente de l’Afghanistan sans avoir en tête les guerres contre les Britanniques au 19ème siècle puis contre les Soviétiques ni sans prendre en compte l’ingérence ancienne du Pakistan dans les affaires afghanes et les divisions ethniques entre Tadjiks et Pachtouns. Si l’on prend l’exemple du Mali, on risque de se trouver en porte à faux par rapport aux aspirations des populations locales si nous n’utilisons que notre grille de lecture occidentale, basée ici sur la notion d’islamisme, en négligeant la réalité historique des tensions entre Touaregs et populations noires. De façon comparable, DAESH reste un phénomène incompréhensible si l’on ne mobilise pas la question de la ligne Sykes-Picot de 1916 ni celle des tensions entre sunnites et chiites en Irak. De même, les projets géopolitiques de la Chine demeurent opaques si l’on ignorent tout de son histoire, de sa place de première puissance économique mondiale au 18ème siècle, de sa situation de dépendance à l’égard de l’Occident entre 1840 et 1949, période que les Chinois appellent eux-mêmes « le siècle de l’humiliation », du maoïsme ou des réformes de Deng Xiaoping en 1979 qui ont fondé le modèle chinois actuel, synthèse de capitalisme, de communisme et de nationalisme.

 

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