Le concept de « mal flagrant », forgé par Renaud Girard, désigne une idéologie dont le contenu va à l’encontre des principes éthiques les plus élémentaires et dont le caractère violent, anti-humaniste et pathologique apparaît immédiatement. En tant qu’humains, nous ne pouvons trouver aucune circonstance atténuante à ce mal. Il s’agit donc d’un concept philosophique appliqué au domaine de la géopolitique. Il implique l’absence de possibilité de négociation et pointe du doigt un danger : le risque d’être apeuré, hypnotisé et fasciné par ce mal jusqu’à ne plus oser lui opposer de résistance. Ce concept permet de distinguer les régimes dictatoriaux entre eux. En effet, certaines dictatures sont certes critiquables, mais elles ne constituent pas pour autant un « mal flagrant », notamment parce qu’elles ne légitiment pas le massacre de masse et ne cherchent pas à s’étendre indéfiniment. C’est par exemple le cas des dictatures de Kadhafi, Saddam Hussein ou Bachar-el- Assad. Au contraire, le nazisme (par sa vision biologisante et agonistique des rapports humains, sa volonté d’expansion et sa théorie raciste) ou l’islamisme de DAESH (par sa volonté d’expansion, sa légitimation des pratiques de viols, de tortures et de persécution) constituent des cas typiques » de « mal flagrant ».

 

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