Face à l’épidémie de Covid-19, la France doit raison garder. Ce virus venu de Chine, d’origine animale, est certes plus violent que celui de la grippe saisonnière. Mais il l’est infiniment moins que celui de l’Ebola. En France, il a tué à ce jour près de 600 personnes, dont la plupart étaient de santé fragile, en raison d’affections médicales antérieures ou de leur grand âge. En temps normal, il meurt 11500 personnes en France par semaine. Le chiffre officiel pour la crise de la canicule en France (été 2003) est de 15000 morts.

Le lundi 16 mars 2020, le gouvernement a ordonné à l’ensemble des Français de rester confinés chez eux, sous peine de sanctions. Même les réunions familiales ont été interdites. C’est une mesure de contrainte inouïe dans l’histoire de notre pays. Elle se comprend, car les autorités étaient confrontées à une courbe d’augmentation exponentielle des infections par ce virus très contagieux, capable de déclencher de sévères pneumonies. Il fallait prévenir la catastrophe d’une saturation des hôpitaux français, qui manquent de lits dotés d’une assistance respiratoire, pour affronter un tel afflux.

Le président de la République nous a dit que nous étions « en guerre ». Le confinement est une stratégie défensive, du 19ème siècle. Il s’agit maintenant de passer à une stratégie offensive, du 21ème siècle. Comme l’a montré la Ligne Maginot en 1940, les stratégies passives et attentistes ont peu de chance de succès. Cette offensive nécessitera du renseignement (données des dossiers personnels médicaux de l’Assurance-maladie, permettant de cibler les personnes les plus exposées au danger) ; des fantassins (les médecins de ville) ; des protections pour l’infanterie (les masques pour le personnel soignant) ; des munitions (les tests de dépistage, y compris par auto-prélèvement) ; des opérations-commando innovantes (isolement des clusters épidémiques et des personnes testées positives) ; de l’artillerie lourde (traitement à la chloroquine, s’il devient avéré que ses effets secondaires sont peu de chose par rapport à son pouvoir curatif).

Informée dès le début du mois de janvier 2020 de la nocivité du virus et de son caractère très contagieux, la France ne s’est pas préparée. Est-ce dû à la lourdeur de son système administratif ? Toujours est-il qu’elle n’a pas commencé alors à produire massivement masques de protection et tests de dépistage. Ils font aujourd’hui cruellement défaut.

Le système français d’Etat-Providence est le plus coûteux du monde. Mais son obésité, son incapacité à s’extraire rapidement de ses règles habituelles, l’ont empêché de réagir vite et bien. Il est vrai que la ministre de la Santé déclarait elle-même, le 20 janvier 2020, que le virus avait très peu de chance de pénétrer en France. Par idéologie, le gouvernement n’a pas fermé les frontières. Rien n’a été prévu dès le mois de janvier pour préparer les médecins libéraux à combattre l’épidémie. Pas d’information claire sur leur rôle à tenir, pas de distribution de masques et de tests, pas de préparation à la télémédecine, afin de diminuer le nombre des tête-à-tête médicaux. Pour empêcher l’engorgement des hôpitaux, c’est à la médecine de ville qu’aurait dû revenir le premier triage des malades.

Comme le montre le rapport remarquable de l’Institut Montaigne, fait par Angèle Malâtre-Lansac, des pays comme la Corée, Singapour, Israël ou l’Allemagne ont beaucoup mieux réussi que la France à combattre l’épidémie, grâce à leurs mesures ciblées offensives. Elles sont de loin préférables aux mesures non ciblées, qui génèrent une grande déperdition d’énergie nationale. Didier Raoult, professeur de microbiologie et spécialiste des maladies infectieuses à la faculté de médecine de Marseille, fait preuve d’une compétence et d’un sang-froid qui le qualifieraient pour devenir le principal expert auprès d’Emmanuel Macron. A raison, ce grand médecin s’est demandé pourquoi la France était au vingtième rang mondial pour le nombre de tests par habitant…

Par rapport au confinement général, dont l’impact économique, social et psychologique, croîtra lui aussi exponentiellement dans la population française, il convient de privilégier une stratégie de lutte ciblée contre la maladie (multiplication des diagnostics, des tests, des cures rapides à la chloroquine).

Cette crise sanitaire, venue de Chine, sera pour l’économie française encore beaucoup plus délétère que ne le fut la crise financière de 2008, venue des Etats-Unis. Jadis, il y avait, à la Direction du Trésor, un bureau des investissements étrangers. Il faut le rétablir, pour éviter que nos fleurons industriels et technologiques soient ramassés à la casse par des investisseurs-prédateurs étrangers, par exemple chinois.

Bien sûr qu’il faut que la France guérisse du Covid-19. Mais il ne faudrait pas qu’elle meurt guérie !

 

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